Sarkozy ou l’art de travailler plus pour dépenser plus
Les dépenses de l’Elysée au titre de l’année 2007 ont été rendues publiques. Elles sont en hausse de plus de 8% par rapport à la période précédente. Ce qui signifie que la maison sarkozyenne est plus chère pour l’Etat français que celle de son prédécesseur (pour mémoire, il s’agit de Jacques Chirac). Monsieur Chatel, porte-parole pour l’occasion de l’Elysée, justifie cette augmentation par le fait que le travail présidentiel a cru de 300% en un an. Rien que cela. Notre Président serait ainsi un homme bien plus affairé que ne l’était notre précédent chef d’Etat. Et qu’en aucun cas la progression du train de vie présidentiel n’est à mettre sur le compte de plaisirs somptuaires.L’hyper-présidentialisation de la fonction a un coût. Le problème, c’est qu’elle n’est pas rentable. Qu’un président souhaite s’investir toujours plus dans sa tâche, sur des domaines sensibles, constitue en soi une attitude plus que louable. Seulement voilà, l’activité débordante de Nicolas semble surtout être motivée par une volonté d’accroître son omniprésence sur tous les terrains. Le Président tente l’ubiquité, pour maîtriser ses adversaires, qu’ils s’agissent de l’opposition et peut-être plus aujourd’hui ceux qui appartiennent à son camps. Mettre en scène son destin politique coûte de l’argent, les déplacements répétés en province ne sont pas gratuits, ni les voyages à l’étranger. Pour quel résultat ? Un pouvoir d’achat en berne et un discrédit croissant de la politique française aux yeux de nos partenaires européens ? Je ne prendrais pas la peine de répondre à ces deux interrogations, chacun se sera je pense fait son avis.
Notre cher Président s’est également doté depuis peu d’une nouvelle garde rapprochée, composée de quelques ministres censés réfléchir et proposer dans l’urgence des solutions à des situations données. S’agit-il d’un remake des Sept Samouraïs ? Ou plutôt des Douze salopards ? La-aussi je me garderais bien de proposer une réponse. Toujours est-il que ce gouvernement-bis, sans la présence de notre premier des ministres, contribue également au creusement de ce que l’on peut appeler le déficit élyséen. En effet, des charges engagées qui ne génèrent pas de résultat positif sont synonymes de pertes.
Nicolas Sarkozy nous avait promis à tous de gagner plus en travaillant plus. En ce qui le concerne, c’est effectivement le cas compte tenu de la hausse significative de sa rémunération qu’il s’est octroyé. Par contre, pour la grande majorité des français, le pain blanc a un goût de plus en plus amer. Celui qui a tant de fois vanté les vertus de la méritocratie se serait-il fourvoyé dans les bas-fonds de la médiocrité ? Encore une question que je laisse en suspens. Décidemment, il me manque bien du courage et pourtant je travaille…pour dépenser moins.
12/06/2008
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