La fronde de Patrick de Carolis, président de France Télévisions

Publié le par Jefka

Patrick de Carolis s’est exprimé ce matin sur une radio nationale. On ne peut que saluer son courage et sa détermination, qui tranchent cinglement à une époque où la langue de bois est devenue usuelle. Le président de France Télévisions est revenu sur les propos ambiants au sujet de la comparaison entre la télévision publique et les chaînes privées. Il n’a pas hésité à qualifier de stupides et d’injustes les affirmations tendant à considérer qu’il n’y aucune différence entre la grille de programme de France Télévisions et les diffuseurs que sont TF1 et M6 par exemple. Sous-entendu, la charge de Nicolas Sarkozy, car il s’agit bien de lui, est hors de propos. Qu’il suffit de s’attarder sur les chaînes publiques, en prenant le temps de les visionner, pour se rendre compte qu’une certaine idée de la qualité culturelle est présente au sein de la direction de l’entreprise, qui agit plus en tant qu’opérateur de service public qu’en simple patron motivé uniquement par des fins mercantiles. Mais notre cher Président est un homme pressé, qui malgré tout souhaite intervenir sur tout, et parfois sur n’importe quoi, comme le démontre son mécontentement médiatisé au sujet de l’absence de rencontres de l’Euro 2008 sur France 2 ou France 3. S’agit-il là d’un enjeu national qui mérite une annonce présidentielle ? Il est vrai que le football ressemble aujourd’hui à du pain donné au peuple, qui repu et satisfait se trouve être plus conciliant et sourd. Sauf peut-être lorsque l’équipe nationale y fait un petit tour et puis s’en va. Mais de cela il s’agit d’une autre histoire.
Patrick de Carolis s’est également exprimé sur le nouveau mode de nomination, voulue par l’Elysée et qui consiste à ce que le président de France Télévisions soit choisi par le Conseil des Ministres et non plus par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel. Sobrement, il a expliqué que lui avait été désigné par le CSA, contre l’avis des gouvernants de l’époque. Ce qui signifie que si le pouvoir politique avait été responsable directement du choix du président des chaînes publiques, il ne serait certainement pas au poste qui est le sien aujourd’hui. Comme quoi, la soi-disant hypocrisie de l’ancien système ne saurait justifier la mainmise sarkozyenne, qui est en train de transformer un service public en télévision d’Etat. Patrick de Carolis, qui a une conception très louable du rôle des médias, sera peut-être le premier à en payer le prix.
02/07/2008
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