Sarkozy n’est jamais en grève de mépris
Nicolas Sarkozy s’est montré une fois de plus méprisant ce week-end, lorsqu’il a discouru devant ses partisans de l’UMP. Il a déclaré que la situation de notre pays n’est pas celle que certains décrivent comme mauvaise, eu égard notamment aux grèves qu’ils trouvent aujourd’hui bien discrètes. Ces propos sont teintés de mépris, à la fois pour tous ceux qui se battent au quotidien pour que perdure une certaine idée de justice sociale, mais également les nombreux usagers qui subissent la colère des routiers ou des sociétés de transport en commun pour ne pas les citer. Quel intérêt peut avoir un président de la République à provoquer de la sorte les partenaires sociaux si ce n’est se faire mousser devant un parterre libéral tout acquis à sa cause. On mesure ici toute l’étendue du décalage entre une hyper-présidentialisation de la fonction en quête de soutient, voire peut-être de réconfort, et le monde syndical qui tente en vain de se faire entendre. Les dernières négociations au sujet des 35 heures en sont la parfaite illustration. Patronat et monde salarial avaient trouvé un terrain d’entente quant à la gestion des heures supplémentaires. Sauf que le gouvernement s’est précipité également sur ce terrain, en renvoyant dos à dos les partenaires sociaux, espérant tirer profit de divisions syndicales compte tenu des prochaines échéances électives pour les représentants des salariés.Le renforcement du dialogue social était un axe majeur du programme du candidat Sarkozy lors des dernières élections. Il semblerait que notre président soit aujourd’hui devenu sourd.
07/07/2008
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