Le G8 discute sans s’engager courageusement
Le G8 se réunit une fois de plus pour décider du sort de la planète. Ou tout du moins en donner l’illusion. En effet, est-il possible de se priver encore de la présence permanente des pays dits émergents mais qui sont bien plus que cela aujourd’hui, comme la Chine, l’Inde et le Brésil. Tout au plus si ces derniers sont invités à prendre le café avec les plus grandes puissances mondiales. Les décisions prises par ce petit comité de huit Etats sont dès lors anachroniques lorsqu’elles sont censées produire leurs effets dans plusieurs décennies. Comme par exemple la volonté affichée de réduire de moitié l’émission des gaz à effet de serre d’ici 2050. On note ici le courage des participants qui compte tenu de leur âge plus ou moins avancé ne seront plus aux commandes à l’échéance fixée, voire pour la plupart présent dans ce bas monde. Difficile dès lors de leur demander des comptes si l’objectif n’est pas atteint.Notre président est satisfait en tout cas de cette réunion, la jugeant utile bien qu’il fût très perplexe quant à son intérêt avant d’y être. Il semble ne pas s’y ennuyer, s’amusant des blagues potaches de son nouvel ami Bush qui bientôt ne le sera plus compte tenu de la fin prochaine de son mandat. Les images en provenance du Japon nous montre en effet un climat bon enfant au sein des dirigeants du monde, alors que dans le même temps la crise s’installe sur tous les fronts, alimentaire, écologique, financier. Du courage aurait été préférable aux mines affables s’offrant aux photographes et à la presse internationale. Au moins, Nicolas Sarkozy s’y retrouve dans cette ambiance d’apparat et c’est peut-être cela qui justifie son changement d’humeur. Car en matière de courage politique, notre président n’en a guère fait sa vertu ces derniers temps. Pour preuve sa décision de participer à la cérémonie d’ouverture des JO de Pékin, bien que le dialogue entre les autorités chinoises et le Dalaï-lama soient au point mort. Ou comme son passage en force, avec la complicité du gouvernement et des parlementaires partisans de l’UMP qui votent en plein mois de juillet un projet de loi remettant sérieusement en cause les trente-cinq heures. Il s’agit là de manœuvres politiciennes, le courage étant peut-être déjà en vacances.
09/07/2008
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