Auto Plus cale devant Renault
Un journaliste en garde en vue et une rédaction perquisitionnée sont autant de faits qui heurtent toujours les consciences démocrates. S’il s’agit d’actes de complicité dans la réalisation d’entreprises criminelles, voire meurtrières, il est évident que les personnes incriminées, qu’elles exercent ou non dans la presse, soit placées sous sécurité pour les besoins de l’enquête. Nul n’est censé être au-dessus des lois. Sauf que dans le cas du journaliste d’Auto-Plus, les faits qui lui sont reprochés et qui ont motivé une intervention musclée des forces de l’ordre concernent des photos volées d’un prototype automobile. Est-ce suffisamment grave pour qu’une personne soit arrachée de son environnement pour subir une garde à vue ? Certes, préjudice il y a, mais il n’est que financier et Renault, la victime, se remettra certainement de cette affaire. Le journaliste mis en cause ne souhaitait qu’informer le public mais ce qui lui est reprochable est d’avoir versé dans le sensationnel.Cette affaire relance en tout cas le débat sur la confidentialité des sources d’information de tout journaliste. Ce dernier, dès lors qu’il s’inscrit dans le journalisme d’investigation, doit être protégé devant la loi. Il doit être en mesure de disposer d’un droit de non révélation des moyens et personnes qui lui ont permis d’obtenir toute information, sauf cas extrême qu’il convient de délimiter très précisément. Il en va ainsi de la liberté de la presse pour qu’elle puisse s’exercer sans contrainte ni zone d’ombre. Une loi à ce sujet est en cours d’adoption et la ministre de la culture, gênée selon ses propos du sort réservé au collaborateur d’Auto-Plus, souhaiterait en accélérer son adoption. Voilà qui va dans le bon sens.
17/07/2008
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