Alcatel-Lucent indemnisera ses fossoyeurs

Publié le par Jefka

Les dernières enquêtes statistiques présentent le moral des français en berne pour ce mois de juillet qui n’a pas su tenir son rang de période estivale. Le pouvoir d’achat est toujours en ligne de mire dans les préoccupations de chacun. Enfin, peut-être pas pour tout le monde. Juillet, qui se joue malicieusement du soleil, n’en est pas moins ouvert aux décisions, nouvelles et déclarations scandaleuses ou chagrinantes. Cette fois-ci, il s’agit du montant des indemnités de départ qui seront allouées aux dirigeants du groupe Alcaltel-Lucent. En effet, le bateau est à la dérive et ses capitaines sont sommés de le quitter. Sauf qu’ils ne partiront pas les poches vides, quelques millions d’euros étant à verser à la directrice générale et à Serge Tchuruk, patron emblématique du CAC 40.
Cette péripétie, si on peut la nommer ainsi, remet au goût du jour les dérives d’un capitalisme amoral et surtout injuste. Comment comprendre qu’il soit d’une part demandé aux salariés de tenir leurs objectifs sous peine de sanctions pécuniaires ou pire de licenciement, et d’autres part d’offrir une retraité dorée à des responsables qui n’ont pas su respecter leurs engagements de performance. Ils sont d’ailleurs tout au long de leur mandat grassement rémunérés pour cela, ce qui n’est pas choquant en soi dès lors qu’ils exercent des responsabilités considérables et à temps plein. Mais à l’heure des comptes, si ceux-ci sont sérieusement plombés du fait de mauvaises décisions des dirigeants, l’inconvenance de leurs parachutes dorés s’apparente à de la malhonnêteté. Concernant Alcatel, la gérance actuelle s’est bornée depuis le début à recentrer un groupe sur les télécommunications, alors que l’entreprise ne disposait pas de cartes maîtresses sur un secteur de plus en plus concurrentiel. Il s’agit là d’une erreur stratégique de taille, qui aurait pu être corrigée si un véritable contre-pouvoir à l’exécutif existait au sein de cette entreprise. Mais voilà, les conseils d’administration sont bien souvent des chambres d’enregistrement qui acquiescent sans rechigner les décisions des présidents et directeurs généraux. Ceux-ci ont donc les mains libres pour agir et ensuite signer leur chèque pour solde de tout compte.
Notre cher Président avait promis, avant de l’être, que ces pratiques seraient bannies de notre pays. La mémoire lui fait peut-être dorénavant défaut.
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