Justice : Berlaimont puis Paimpol, ou l'art de la déresponsabilisation
En vacances à Paimpol, deux adolescentes se sont dirigées vers une surface commerciale pour y acheter des boissons fortement alcoolisées. Une fois les bouteilles consommées par les jeunes filles, l'une d'entre elles a été victime d'un coma éthylique. Face à ce constat d'ébriété plus qu'avancée, le père de cette demoiselle a décidé de porter plainte contre le gérant de la supérette incriminée, arguant le fait que sa fille, mineure en l'occurence, avait pu obtenir des alcools forts sans qu'il lui soit demandé de décliner son identité.
Une fois encore, cet épisode estival est la démonstration que certains parents se déresponsabilisent vis à vis des devoirs qui sont les leurs en tant que détenteurs de l'autorité parentale. La justice est en effet de plus en plus sollicitée, accroissant encore l'engorgement des tribunaux, pour des actes dont la portée ne devrait pas dépassée la sphère privée. Dans le cas de Paimpol, il eût mieux valu que le père essaie de comprendre qu'elles ont été les motivations ayant poussé sa progéniture à s'enivrer jusqu'à présenter trois grammes d'alcool dans le sang. Un tel niveau d'alcoolémie est bien plus inquétant qu'une simple péripétie d'une soirée de fête un peu trop alcoolisée. Mais il est tellement plus facile de ne pas se poser les bonnes questions, surtout si celles-ci sont de nature à bouleverser quelles bonnes vieilles certitudes ou révéler des non-dits.
L'actualité judiciaire promeut également ce genre de pratique. Le Tribunal de Lille a été dernièrement au centre de l'information lorsqu'y a été prononcé un jugement en faveur d'un mari, de confession musulmane, intentant un procès contre son épouse en lui reprochant des mensonges à propos de sa virginité. Plus récemment, un professeur a été condamné à verser une amende de cinq cent euros en réparation d'une gifle donnée à un de ses élèves. Le père du jeune garçon giflé estimait que l'enseignant avait outrepassé ses droits en punissant physiquement son rejeton qui bien-sûr, en tant que fils de gendarme, n'avait pu être fautif. Sauf que l'enfant, avant qu'il ne soit malmené et peut-être injustivemet réprimandé, n'en a pas moins proféré des insultes, en qualifiant notamment son professeur de connard. Connaissez-vous beaucoup d'enfants qui, sans avoir reçu une éducation trop stricte mais des principes de vie élementaires, en viennent à bafouer l'autorité scolaire par des propos injurieux, même s'ils s'estiment lésés par une décision injuste à leur goût ? Là-aussi, ce différend aurait du être réglé entre les parents, le professeur et la direction de l'établissement concerné, et non pas être portée sur la place publique. Au lieu de cela, cette histoire, relayée par les médias avides de sensations proches de Monsieur-Tout-Le-Monde, donne le sentiment que la mise en jeu de la responsabilité d'autrui est devenue une garantie pour s'exonérer de ses devoirs familiaux.
La justice a également sa part de responsabilité en acceptant de traiter ce genre d'affaires qui en soit sont des incidents et non des troubles. Le risque est que cette pratique qui tend à judiciariser les rapports personnels ne se généralise. Ne vaut-il pas mieux que les relations entre les individus soient gouvernés par la conscience de chacun, plutôt que régis par avocats interposés ?
21/08/2008
Une fois encore, cet épisode estival est la démonstration que certains parents se déresponsabilisent vis à vis des devoirs qui sont les leurs en tant que détenteurs de l'autorité parentale. La justice est en effet de plus en plus sollicitée, accroissant encore l'engorgement des tribunaux, pour des actes dont la portée ne devrait pas dépassée la sphère privée. Dans le cas de Paimpol, il eût mieux valu que le père essaie de comprendre qu'elles ont été les motivations ayant poussé sa progéniture à s'enivrer jusqu'à présenter trois grammes d'alcool dans le sang. Un tel niveau d'alcoolémie est bien plus inquétant qu'une simple péripétie d'une soirée de fête un peu trop alcoolisée. Mais il est tellement plus facile de ne pas se poser les bonnes questions, surtout si celles-ci sont de nature à bouleverser quelles bonnes vieilles certitudes ou révéler des non-dits.
L'actualité judiciaire promeut également ce genre de pratique. Le Tribunal de Lille a été dernièrement au centre de l'information lorsqu'y a été prononcé un jugement en faveur d'un mari, de confession musulmane, intentant un procès contre son épouse en lui reprochant des mensonges à propos de sa virginité. Plus récemment, un professeur a été condamné à verser une amende de cinq cent euros en réparation d'une gifle donnée à un de ses élèves. Le père du jeune garçon giflé estimait que l'enseignant avait outrepassé ses droits en punissant physiquement son rejeton qui bien-sûr, en tant que fils de gendarme, n'avait pu être fautif. Sauf que l'enfant, avant qu'il ne soit malmené et peut-être injustivemet réprimandé, n'en a pas moins proféré des insultes, en qualifiant notamment son professeur de connard. Connaissez-vous beaucoup d'enfants qui, sans avoir reçu une éducation trop stricte mais des principes de vie élementaires, en viennent à bafouer l'autorité scolaire par des propos injurieux, même s'ils s'estiment lésés par une décision injuste à leur goût ? Là-aussi, ce différend aurait du être réglé entre les parents, le professeur et la direction de l'établissement concerné, et non pas être portée sur la place publique. Au lieu de cela, cette histoire, relayée par les médias avides de sensations proches de Monsieur-Tout-Le-Monde, donne le sentiment que la mise en jeu de la responsabilité d'autrui est devenue une garantie pour s'exonérer de ses devoirs familiaux.
La justice a également sa part de responsabilité en acceptant de traiter ce genre d'affaires qui en soit sont des incidents et non des troubles. Le risque est que cette pratique qui tend à judiciariser les rapports personnels ne se généralise. Ne vaut-il pas mieux que les relations entre les individus soient gouvernés par la conscience de chacun, plutôt que régis par avocats interposés ?
21/08/2008
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