EDVIGE trop indiscret

Publié le par Jefka

Nouvelle pantalonnade pour le gouvernement Fillon. Cette fois-ci, c'est Michel Alliot-Marie qui porte la culotte. Comme à son habitude, l'exécutif s'est précipité avec la publication d'un décret sur le fichage des individus considérés comme dangereux et les personnalités publiques, procédé dont l'appelation EDVIGE a une consonnance douce mais hypocrite.
Le fichage n'est pas nouveau dans notre pays, il existe depuis bien longtemps. Le pouvoir a toujours eu besoin de connaître quelques indiscrétions au sujet de ceux qui s'opposent à lui, ces précieux renseignements pouvant être très utiles une fois la contestation devenue trop pressante. Mais le gouvernement de Nicolas Sarkozy a souhaité aller au-delà de ce que la loi autorisait précédemment, en ciblant également dans le dispositif de renseignement les personnes susceptibles de porter atteinte à l'ordre public, et ce dès l'âge de treize ans. Autant dire qu'avec cette nouvelle définition hasardeuse d'une dangerosité légitimant la consignation de données personnelles, voire très personnelles, n'importe qui peut se retrouver sous la surveillance de la République pour un fait de portée mineure mais dont l'importance serait sur-estimée par des forces de l'ordre pas forcément aguerries en matière de jugement.
EDVIGE est ainsi une boîte de Pandore à tout type d'abus et s'apparente plus à un instrument policier destiné à intimider une société civile et syndicale virulentes. L'opinion publique s'est donc emparée du sujet et une vague de contestations a enseveli les ardeurs d'une ministre de l'Intérieur trop pressée d'imiter les vélléités sécuritaires de son patron. Ainsi EDVIDE devrait faire l'objet d'un débat parlementaire, Michèle Alliot-Marie ayant annoncé, sur injonction du président, vouloir inscrire dans la loi des garanties préservant les libertés individuelles. Pourquoi donc n'avoir pas agi ainsi dès le début?
10/09/2008
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article