Devedjan et les 35 heures
Je ne pensais pas, en créant ce petit journal, offrir à ma plume assassine le cas de Monsieur Devedjan. J'ai toujours considéré ses propos insignifiants, tout comme le personnage d'ailleurs. Combien de fois est-il venu se gausser sur les plateaux de télévision lors de soirée de victoire électorale pour son parti, ou inversement jouer de sa mauvaise fois avec beaucoup de dédain lorsque les résultats des urnes ne lui convenaient pas. Pourtant, je ne pouvais pas rester sans réaction lorsque Monsieur Devedjan s'est rappelé à mon bon (mauvais) souvenir la semaine dernière, en tentant une sortie qui pourrait bien lui coûter la porte (de sortie).Commentant le dixième anniversaire de la loi sur les trente-cinq heures, Monsieur Devedjan nous a livré le fruit (pourri ?) de sa profonde réflexion, si profonde d'ailleurs qu'elle s'apparente à une abyssale idiotie dont Céline Dion se trouve pour le coup reléguée en deuxième division. Il faut supprimer toute durée légale du travail, nous propose-t-il, sans autre argumentaire que cette lancinante critique des lois Aubry dont se prévaut sans cesse la droite. En quelques phrases, Monsieur Devedjan remet en cause un des fondements de notre République, qui n'est ni plus ni moins l'égalité des travailleurs contributive à la stabilité de notre pays. En effet, s'attaquer frontalement à un acquis social durement arraché par nos pères de leur condition miséreuse n'est que le déni du droit du travail censé protéger chaque salarié. Nous avons tous besoin de repères et la vie professionnelle se doit d'être rythmée selon des bases connues et compréhensibles par chacun, quelque soit son niveau d'études et sa qualification. Laisser le libre choix au patronat de déterminer la durée minimale du temps de travail serait une porte ouverte à tous les abus dont les plus faibles seraient les premiers à en pâtir. Le Medef ne s'est d'ailleurs jamais hasardé officiellement à tenir ce genre de déclaration.
Monsieur Devedjan a certainement voulu montré ainsi qu'il existait encore et profiter de la cacophonie ambiante entre les députés et le gouvernement pour se démarquer. Ce qu'il a d'ailleurs fort bien réussi car il est seul aujourd'hui sur ce terrain, Xavier Darcos, l'enfant-chéri du président, se chargeant de désavouer avec toute la bonhommie qu'on lui connait, la pauvre brebis égarée. Le problème, c'est que le pauvre animal se trouve être l'un des dirigeants de l'UMP. Heureusement d'ailleurs pour la droite qu'il n'est pas le seul homme à la tête du parti de la majorité présidentielle. Pour le coup, Nicolas Sarkozy a été bien inspiré en le propulsant à la direction de son appareil politique, accompagné. Heureusement aussi pour la France que le président n'a pas eu la mauvaise idée de le choisir comme ministre.
23/05/2008
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