Obama intronisé par les siens

Publié le par Jefka

Barack Obama sera cette semaine investi officiellement comme candidat à la présidence des Etats-Unis. Après plusieurs mois consacrés à des primaires acharnés, le temps est venu pour le parti démocrate de s'unir derrière ce phénomène que représente son leader désigné. Il s'affiche volontiers depuis son avènement médiatique comme le représentant du renouveau politique, celui qui sera rompre avec les années Bush pour redonner à son pays toute la sympathie du monde. Sa dernière tournée européenne ne saurait le contredire, tant il fût applaudi à Berlin lors d'un discours prononcé devant plusieurs milliers de personnes tout acquis à sa cause. Ses déplacements sur le Vieux Continent furent également scrutés à la loupe par l'ensemble des classes politiques, très promptes à se positionner vis-à-vis de ce candidat ayant remporté déjà tous les suffrages d'opinion favorable des européens.
Cependant, la victoire n'est pas dite dans son pays, certaines couches américaines se plaisant encore à jouer avec ses vieux démons. Les Etats-Unis ont certes changé depuis les années soixante et la discrimination raciale n'est plus inscrite dans la loi. Mais sont-ils aujourd'hui prêts à élire un président noir pour les représenter ? Cette Amérique rurale, que l'on qualifie de profonde, est celle qui a permis à Bush et ses compères va-t-en guerre d'occuper la Maison blanche pendant deux mandats successifs.
Barack Obama sait pertinemment que son élection se gagnera sur les terres républicaines et qu'il lui faut maintenant convaincre un électorat conservateur. Il s'est à ce propos déjà essayé au grand écart en adoptant une attitude plus mesurée en ce qui concerne le conflit en Irak. Le sujet est très sensible et promettre un retrait pur et simple des troupes américaines une fois élu n'est pas du goût des partisans républicains. Les orientations de la politique internationale des Etats-Unis ont toujours suscité beaucoup de débat et font ou défont les présidents. Le leader démocrate l'a également très bien compris en désignant Joseph Biden comme candidat à la vice-présidence, alors que l'on s'attendait à un ticket Obama-Clinton. Reste à savoir maintenant ce qu'en pensent toutes les minorités américaines très fort peu représentées dans les instances dirigeantes et décisionnaires, à qui la parole n'est jamais donnée sauf une fois tous les quatre ans.
25/08/2008
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