Quand la Chine s’essoufflera

Publié le par Jefka

La Chine n'a pas simplement remporté une victoire sportive en l'emportant sur les Etats-Unis au tableau des médailles. Elle s'était promis des jeux gigantesques, débarrassés de toute contestation politique. L'opération est réussie, tant le gigantisme de la cérémonie d'ouverture et une organisation extrêmement encadrée ont fait forte impression auprès des pays participants, jusqu'à ce plus aucune voie ne s'élève contre la tyrannie de leur hôte. Il n'est nullement question dans ce propos de faire allusion aux sportifs qui étaient dans leur rôle en participant à ces jeux dont le choix du pays organisateur ne leur incombe pas. C'est en première ligne du Comité International Olympique dont il s'agit, qui en qualifiant Pékin pour la tenue du plus grand évènement sportif de la planète, a légitimé un peu plus un Etat totalitaire. Le président du CIO doit d'ailleurs être particulièrement embarrassé compte tenu des quelques inepties dont il nous a fait part, en affirmant par exemple que la Chine s'était ouverte aux droits de l'homme durant la compétition. Il est certain que certains observateurs internationaux, massés dans une capitale chinoise nettoyée préalablement de toute opposition puis encerclée par plusieurs milliers de policiers, risquaient fort bien de céder face à une illusion orchestrée par le pouvoir en place.
Les politiques occidentaux en majorité sont également responsables de s'être montrés trop discrets durant ces jeux. L'Europe n'a pas su parler d'une voix commune, mais pouvait-il en être autrement avec à sa tête Nicolas Sarkozy qui s'essaie depuis son élection à la realpolitik. Les représentants allemands et anglais ont eu au moins le courage de rester fidèles à leurs convictions en pratiquant la politique de la chaise vide lors de l'ouverture de Pékin 2008.
Que restera-t-il donc de ces jeux, au-delà des exploits sportifs ? La Chine aura-t-elle découverte les vertus de la démocratie par le simple fait de diriger une olympiade ? Ou est-elle aujourd'hui confortée dans son système du parti unique, dont les réussites économiques ont été si démonstratives dans une manifestation planétaire qui lui a été donnée par la clémence des instances internationales ? On se doute bien de la réponse et les opposants chinois ainsi que tibétains ne pourront pas escompter l'appui d'occidentaux bien décidés à tirer profit d'un marché d'une partie de l'Asie en plaine expansion. Ils ne pourront compter que sur eux-mêmes et peut-être sur une économie qui déraille. En effet, une croissance exponentielle consacre les présidents, crée de nouvelles catégories sociales jusqu'à devenir une classe moyenne plus vindicative dès lors qu'une crise a des répercussions sur ses acquis sociaux. La Chine s'essoufflera certainement à un moment donné sur le front des affaires et de la finance et alors peut-être sa population se délivrera de ses chaînes.
26/08/2008
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