Le RSA bien placé pour être adopté

Publié le par Jefka

Martin Hirsch vient de donner une belle leçon à l'ensemble de la classe politique en s'accrochant fidèlement à ses convictions et en se donnant les moyens de réaliser le projet qu'il portait vaillamment, à savoir la mise en application du Revenu de Solidarité Active (RSA). Le Haut commissaire, à la base homme de gauche et soutien de Ségolène Royal durant la campagne présidentielle, n'avait pas hésité à accepter la proposition de Nicolas Sarkozy de collaborer avec lui, tout en se démarquant du gouvernement en refusant un poste de ministre. Cette stratégie était plutôt habile et il en récolte aujourd'hui les bénéfices, le pragmatisme l'emportant pour une fois sur la stérilité dogmatique. Il est vrai que l'homme appartient à cette société civile dont la pensée et la mise en action s'affranchissent des systèmes partisans.
Le RSA, qui consiste à octroyer des contributions financières aux titulaires du RMI et aux salariés de condition très modeste, verra donc le jour. La légitimité de ce dispositif n'est plus contestée, et d'ailleurs il serait immoral de s'attaquer à un projet destiné à diminuer le nombre de personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté. La bataille politique est maintenant orientée vers les modalités de financement du RSA, qui au bas mot devrait coûter plus d'un milliard d'euros à l'Etat. A la surprise générale, Nicolas Sarkozy a décidé de taxer les revenus issus de la pierre et des marchés financiers. Le salaire l'a donc emporté sur le capital et toute la gauche ainsi frémit du bout des lèvres tandis que bon nombre à droite serrent les dents. Ces derniers se souviennent peut-être des discours de campagne dans lesquels Nicolas Sarkozy promettait notamment aux épargnants de ne pas alourdir la facture fiscale, tout en étant attentif aux propositions de Martin Hirsch. Mais encore faut-il avoir les moyens de ses ambitions, et les marges de manœuvre budgétaires sont dorénavant particulièrement réduites, voire inexistantes dès lors que le paquet-cadeau fiscal a été voté. Le contribuable est donc appelé à la rescousse et cette fois-ci il s'agit des épargnants et propriétaires fonciers. Cette orientation est séduisante car immédiatement on pense au prélèvement sur les revenus de la bourse qui restent dans l'imagerie populaire comme le symbole d'un capitalisme éhonté. Sauf que les contrats d'assurance-vie, qui profitent plus aux classes moyennes et aux retraités, sont également concernés par cette nouvelle taxation. De plus, le financement du RSA se fera via l'application d'un taux unique quelque soit la surface financière de l'assujetti, ce qui constitue toujours en soi une certaine injustice car l'effort contributif est d'autant plus élevé que les sommes imposées sont faibles. Gageons que cette taxe complémentaire ne soit pas comprise dans le paquet-cadeau fiscal car le RSA verrait alors son image altérée si la solidarité active échappait aux plus nantis.

29/08/2008

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