Le bon côté du désir
Le désir, entre son commencement et le moment où il est satisfait, si un jour il doit l'être, n'est pas seulement cette souffrance que l'on prête aisément. Le désir instruit également celui qui en est sujet. En effet, désirer c'est se représenter mentallement la chose ardemment souhaitée, ce qui conduit à en dessiner les contours avec une certaine méticulosité. La précision exige un effort intellectuel qui contribue au développement personnel. Ce souci du détail dont se nourrit le désir aiguise ainsi les facultés d'appréciation et la sensibilité. Le désir contribue à m'ouvrir les yeux, à déchirer ce voile cousu par la routine et les manies, qui quotidiennement trouble ma perception de la réalité. Le manque a un côté bénéfique dont ne dispose pas l'aisance immédiate. Ce qui ne signifie pas qu'il faille vivre continuellement dans la privation car ce serait assécher tout plaisir.
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