Le Parti Socialiste inquiète
Ségolène Royal a découvert les vertus du froid en remisant au frigidaire sa candidature au poste de premier secrétaire du parti socialiste. Pendant ce temps, Bertrand Delanoë et François Hollande deviennent véritablement amis, alors que Montebourg et Moscovici, si proches un temps donné, n’ont pas déjeuné ensembles à la Rochelle. Mais ces deux derniers semblent s’être réconciliés depuis sur un plateau de télévision. Martine Aubry, quant à elle, peine à annoncer sa candidature, préférant un discours axé sur le collectif, bien qu’il ne fasse aucun doute qu’elle soit convaincue elle-même d’être la mieux placée pour un destin présidentiel. Elle crée même la surprise en s’affichant ouvertement vers une alliance avec Laurent Fabius, au grand dam de Pierre Mauroy qui y voit le spectre d’un isolement. Julien Dray, également sur les rangs au poste de direction de son parti, pratique le silence radio. Enfin, Strauss-Kahn est le grand absent médiatique de ces grandes manœuvres mais il est plus que probable qu’il ne reste pas inactif dans l’ombre de son bureau du FMI.Que faut-il donc penser de tous ces procédés qui semblent n’intéresser que le parti socialiste, encore que les militants se font de plus en plus critiques. Est-ce le signe d’une organisation résolument démocratique dont chaque courant est libre de s’exprimer et ainsi prétendre aux plus hautes fonctions ? Ou le symptôme d’un parti gangréné par ses divisions et dont l’unité n’est qu’une façade pour que chacun puisse malgré tout exister politiquement ? Une chose est certaine, la société française a besoin d’une opposition digne de ce nom car à défaut, ce sont les extrêmes qui profiteront de cette place laissée vacante.
18/09/2008
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