La schizophrénie de Sarkozy
Nicolas Sarkozy nous a fait cette semaine, lors de son discours prononcé à Toulon, l'éloge de l'interventionnisme d'Etat. Après s'être livré à un réquisitoire contre le marché et ses dérives en l'absence de toute régulation, il s'est promis qu'aucun citoyen ne perdrait un euro de dépôt en cas de faillite d'une banque française. Ce qui en soi ne constitue pas une mesure d'une grande nouveauté car les pouvoirs publics garantissent déjà l'épargne de la clientèle en cas de sinisitre, pour un montant maximal de soixante-dix mille euros par compte. Autant dire qu'il s'agit là d'un effet d'annonce qui ne concerne guère que les hauts-revenus, au cas où ils auraient l'idée saugrenue de placer leur argent ailleurs que dans un établissement national.Le président est donc devenu le chantre de la social-démocratie, condamnant le libéralisme dont il était un adepte il n'y pas si longtemps de cela.
Le président est devenu très critique à l'encontre du sytème américain vis à vis duquel il exprimait une certaine symphatie, voire admiration il n'y a pas si longtemps de cela.
Le président insiste sur la necessité de mener une politique volontariste, alors qu'il en écartait toute perspective compte tenu de l'assèchement des caisses de l'Etat il n'y pas si longtemps de cela.
Le président, encore lui, concède que l'économie française est tributaire des autres et qu'en conséquence les prévisions d'activité seront mauvaises, alors qu'il exhortait ses troupes à aller chercher la croissance avec les dents il n'y a pas si longtemps de cela.
Tant d'affirmations et de promesses d'un jour contredites le lendemain nous donnent le tournis. D'un point de vue pathologique, cela ressemble fort à de la schizophrénie. Sous un angle politique, il semblerait bien qu'il s'agisse d'un aveu d'impuissance compensé par quelques relents populistes.
27/09/2008
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