La France, nouvel eldorado du capitalisme mondial ?
Après avoir considéré que nous avions le meilleur dispositif de protection de santé du monde, que notre système éducatif était loin d’être le plus mauvais au sein des principaux pays industrialisés, voici maintenant l’appareil bancaire français qui est vanté par tous nos chers responsables politiques pour sa dynamique vertueuse en matière de contrôles. Les épargnants français peuvent donc être rassurés, la faillite ne passera pas dans nos établissements franco-français, bien qu’entre-temps l’Etat ait du recapitaliser Dexia, il est vrai société franco-belge. Les puissants argentiers affirmaient pourtant que les frontières européennes seraient tout du moins hermétiques aux effets directs des crédits subprime.La France serait-elle donc devenue un eldorado pour un capitalisme qui a besoin de reprendre son souffle ? Un havre de paix où sans risque les précieuses mannes financières disséminées à travers la planète trouveraient refuge chez nous ? Bien-sûr que non, tout cela est complément irréaliste et les banques françaises, comme toutes les autres, subissent les contrecoups d’un marché interbancaire aux abois, où les coûts de refinancement ont explosé, ce qui restreint d’autant leurs marges de manœuvre pour redynamiser le crédit.
Une chose est certaine, celui qui titre le plus grand profit de la situation est à n’en pas douter notre Président. La crise financière est une aubaine, car elle est mondiale. Le gouvernement d’ailleurs ne s’y est pas trompé, en affirmant jusqu’à l’envie que les mauvais résultats de l’économie française, dont la progression du chômage au mois d’août, est bien évidemment le fait de la mondialisation. Le cynisme est même poussé jusqu’à son comble lorsque nos décideurs certifient que sans les mesures prises par l’équipe de Nicolas Sarkozy depuis le début de son mandat, la situation serait bien plus préoccupante. Ce qui bien évidemment est parfaitement indémontrable. Il ne s’agit là que de politique politicienne, et sous couvert des inquiétudes liées à l’ébranlement de la finance internationale, le pouvoir en place a beau jeu d’en appeler aujourd’hui à l’unité nationale.
01/10/2008
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