Guerre en Afghanistan : Paris-Match pèse mal ses mots

Publié le par Jefka

La liberté de la presse est un poumon pour une société. Elle lui permet de s'oxygéner lorsque les dérives plénipotentiaires ou des malversations asphyxient le pouvoir en place. Elle garantit également aux consciences politiques, quelque soit la tendance, une tribune pour s'exprimer, tandis que corrélativement l'expression civile a tout loisir de s'opposer. Cette liberté a cependant un prix qu'il faut accepter sans pour autant s'y soumettre en silence. Personne dès lors qu'elle se trouve être sur la place publique ou au centre de la scène n'est à l'abri des rumeurs, des quolibets, de l'indiscrétion et d'un déchaînement médiatique. L'indécence est parfois même le moteur d'une certaine presse avide de tirages versant dans le sensationnel à des fins mercantiles. La qualité n'est pas toujours de mise.
L'hebdomadaire Paris-Match appartient à ces artisans du mauvais goût, qui prêtent à sourire ou à l'indifférence lorsqu'ils se cantonnent à leur fonds de commerce, c'est à dire la futilité, mais dont la pratique est hautement critiquable quand ses journalistes s'attachent à l'actualité. Le reportage-photo réalisé sur quelques Talibans présentés comme les meurtriers des soldats français tombés en Afghanistan en est la parfaite illustration. L'exhibation d'extrémistes musulmans avec armes et effets des militaires décédés concourt d'une part au malheur des familles, d'autre part participe au message propagandiste de ces boutefeux afghans. Le procédé est scandaleux et n'apporte rien, si ce n'est une déconsidération de la presse.
La liberté de la presse a un prix, celui de l'indécence et Paris-Match s'en ait fait l'écho cette semaine.
04/09/2008
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